Opposition et indignation internationales face au projet de dérivation de la rivière Rupert, un projet de cinq milliards de $ d’Hydro-Québec
Albany, NY – 12 septembre 2007 – Des groupes environnementaux américains ont annoncé aujourd’hui leur soutien à leurs homologues canadiens et à trois communautés autochtones cries qui dénoncent la plus récente destruction d’Hydro-Québec sur le milieu naturel de la baie James, au Québec.
Le principal objectif d’Hydro-Québec, en harnachant et dérivant la Rupert – la plus grande rivière exempte de barrage au nord du Québec – et en construisant un énorme réservoir qui équivaudrait à inonder les deux tiers de l’île de Montréal, est de générer de l’électricité pour alimenter une partie du nord-est des États-Unis.
Les groupes américains et internationaux qui s’opposent au projet incluent :
- Natural Resources Defense Council (www.nrdc.org);
- International Rivers Network (www.irn.org);
- Friends of the Earth U.S. (www.foe.org);
- Sierra Club Northeast Regional Conservation Committee (NERC) (www.sierraclub.org/rcc/northeast);
- The Indigenous Environmental Network (www.ienearth.org);
- Project Laundry List (www.laundrylist.org);
- The Hudson River Sloop Clearwater (www.clearwater.org);
- New York Public Interest Research Group (www.NYPIRG.org);
- NY City Friends of Clearwater (http://nycfriendsofclearwater.org);
- Institute for Social Ecology, Vermont (www.social-ecology.org);
- Delaware-Otsego Audubon Society in Oneonta, NY (www.doas.us);
- The Energy Justice Network (www.energyjustice.org);
- Wittenberg Center for Alternative Resources (www.wittenbergcenter.org);
- Seedcorn, (www.seedcorn.org);
- Citizens Environmental Coalition (www.cectoxic.org);
- Solidarity Committee of the Capital District, N.Y. State (www.jflan.net/solidarity);
- Action PA (www.actionpa.org);
Plusieurs des groupes mentionnés ci-haut ont contribué à l’annulation du mégaprojet hydroélectrique Grande-Baleine d’Hydro-Québec en 1992, alors qu’ils convainquaient le gouverneur de l’État de New York à l’époque, M. Mario Cuomo, de se retirer du contrat de 17 milliards de dollars que l’État avait conclu avec Hydro-Québec.
Le chef Josie Jimiken de Nemaska, l’une des trois communautés cries de la baie James les plus affectées par le projet, a déclaré : « Il n’est pas nécessaire de détériorer la rivière ou la nature - Hydro-Québec a déjà une production excédentaire d’énergie et il y a des solutions de rechange bien plus acceptables, notamment les propositions de production d’électricité par éoliennes dans le territoire cri de la baie James ».
« Nous nous félicitons du soutien des groupes environnementaux américains et internationaux pour faire connaître les terribles conséquences qui découlent de la construction de barrages et digues sur la Rivière Rupert, conséquences qui seront ressenties bien au-delà de nos communautés », a déclaré le chef Jimiken.
Le nouveau site Web www.savetherupert.org (www.sauverlerupert.org) raconte la vraie histoire derrière ce projet hydroélectrique destructeur, les dangers qu’il représente pour les Cris et montre à quel point ce projet est polluant et dangereux pour l’environnement.
« Nous devons en priorité cibler l’efficacité énergétique, restaurer nos anciennes installations et offrir de l’énergie plus propre par nos choix de filières énergétiques » a déclaré M. Ashok Gupta, directeur de l’Air and Energy Program du NRDC. « Si le renouvellement de contrats à long-terme avec Hydro-Québec pour assurer l’approvisionnement en énergie des consommateurs du nord-est américain se traduit par des ravages encore plus importants des rivières canadiennes, par une plus grande inondation de forêts boréales et par un accroissement de risques pour la santé de la population crie, nous avons le devoir de nous y opposer avec véhémence ».
Depuis l’approbation du projet en 2002 par le Grand conseil des Cris, dans le cadre de la Paix des braves - un accord omnibus entre les Cris, le gouvernement du Québec et Hydro–Québec – des doutes ont émergé quant au bien-fondé du projet. Aujourd’hui, les risques environnementaux et de santé publique engendrés par ce projet, tels que la contamination au mercure équivalent à celle engendrée par les centrales au charbon, de même que la majoration des coûts du projet et la baisse des besoins énergétiques d’Hydro-Québec, remettent en cause la justification du projet.
Au cours de la dernière année, Hydro-Québec a occulté un projet alternatif de 4,5 milliards de dollars proposé par Siemens en le cachant aux membres des Commissions d’évaluation environnementale (CEE) et ce, malgré l’obligation qu’a Hydro-Québec d’évaluer toutes les solutions de rechange possibles. Du côté fédéral, les membres de la CEE ont approuvé le projet suite à un vote partagé, sans jamais avoir été mis au courant des autres possibilités, en se fondant uniquement sur les besoins économiques du Québec, lesquels seraient plus importants que les impacts environnementaux. La commissaire opposée a, de son côté, déclaré que les impacts environnementaux étaient beaucoup trop importants pour que le projet obtienne son feu vert.
« Hydro-Québec se rend aux congrès de l’industrie des barrages à travers le monde et se targue du fait qu’elle n’impose plus ses projets à des populations qui n’en veulent pas. Et pourtant, malgré une sérieuse opposition des communautés cries qui en seront directement affectées, Hydro-Québec a mené tambour battant sa destruction de la Rivière Rupert » a déclaré M. Patrick McCully, directeur exécutif de l’organisme International Rivers Network.
Le président de Friends of the Earth U.S., M. Brent Blackwelder, a déclaré que son organisation « s’oppose énergiquement » au projet d’Hydro-Québec et à ses fâcheuses conséquences sur la Rupert et les communautés cries. « Les plans d’Hydro-Québec ne respecteraient pas les communautés cries, les perturberaient et leur nuiraient, tout cela pour fournir de l’électricité aux États-Unis sans tenir réellement compte des conséquences sociales et environnementales », a déclaré M. Blackwelder.
« Un secret bien gardé »
« Le secret de la dérivation de la Rupert a été bien gardé aux États-Unis – il est maintenant ébruité et nous convenons qu’il s’agit d’un désastre environnemental et social » a déclaré M. Andy Mason, président de la Conservation de la Delaware-Otsego Audubon Society.
« Ce gigantesque projet énergétique non durable a été entouré du plus grand secret et les travaux préliminaires ont été entamés pratiquement sans véritable examen public » a déclaré Doris Delaney de PROTECT, ajoutant qu’il n’est jamais trop tard pour revoir la question de la dérivation de la Rupert. « Nous devons réclamer un moratoire qui permettra de se livrer à l’examen impartial et complet des impacts environnementaux et sociaux du projet, et d’étudier la très intéressante alternative éolienne, qu’Hydro-Québec semble avoir volontairement caché » a déclaré Doris Delaney.
« L’inondation du territoire entourant la Rivière Rupert par Hydro-Québec « noierait » la santé et la culture crie traditionnelle en plus de ravager l’écosystème » a déclaré Jason K. Babbie, analyste principal des politiques environnementales de NYPIRG. « Cette technologie a été rejetée lors des procédures de renouvellement des normes des énergies renouvelables et ne serait pas souhaitable ici, nous devons donc rejeter l’énergie produite par ce type d’installation hors de nos frontières ».
Le Sierra Club Northeast Regional Conservation Committee (NERC) qui représente 11 chapitres du Sierra Club à travers le nord-est des États-Unis et du Canada « n’appuie pas la construction de projets hydroélectriques aux conséquences environnementales et sociales nuisibles » a déclaré Annie Wilson, présidente du comité de l’énergie du Sierra Club Atlantic Chapter. « Hydro-Québec a associé nos besoins en électricité à la destruction de la Rivière Rupert ».
En moyenne, 71 % du débit annuel d’eau de la rivière sera dérivé au plus tard en 2009 vers des réservoirs qui inonderont quelques 135 milles carrés de terre, ne laissant qu’une infime partie du débit original. L’eau sera canalisée vers la centrale électrique La Grande d’Hydro-Québec plus au nord à la baie James.
« La dérivation de la Rivière Rupert pour générer de l’énergie exportée aux États-Unis entraîne des conséquences sociales importantes chez les communautés autochtones» a déclaré Tom Goldtooth, directeur exécutif de l’Indigenous Environmental Network. « C’est encore là une autre injustice environnementale et économique envers les communautés cries qui ont le plus à perdre ».
Le 14 septembre – Grand rassemblement à Montréal
La première d’une série d’activités internationales visant à sensibiliser le public aux enjeux de la dérivation de la Rupert se déroulera le 14 septembre à Montréal (Québec,Canada).
Lors de cet événement, une corde à linge de protestation de 400 pieds de long sera installée devant Hydro-Québec « parce que nous voulons exposer et « faire sécher » le projet destructeur d’Hydro-Québec » dit Alexander Lee, directeur exécutif de Project Laundry List du New Hampshire, qui parraine cet événement en collaboration avec le chapitre québécois du Sierra Club du Canada, le Groupe Révérence Rupert, ainsi que la Fondation Rivières qui contestent le projet d’Hydro-Québec depuis plus de six ans.
« Nous devons cibler une baisse de la consommation ici même aux États-Unis pour priver Hydro-Québec de toute excuse qu’elle pourrait avoir pour détruire le joyau de la baie James, violant les droits de la culture traditionnelle crie » a déclaré M. Lee.
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